Johann Sebastian BACH (1685 – 1750)

Six Sonates pour clavecin et violon, B.W.V. 1014-1019

         La sonate en trio constitue la forme principale de la musique de chambre baroque. Née en Italie au début du 17ème siècle de la transposition dans le domaine instrumental des découvertes, alors récentes, de la monodie vocale sur basse continue, elle reste pratiquée jusque vers 1750 environ, avant de se voir remplacée par la sonate classique pour un ou deux instruments. Deux schémas principaux se partagent l’articulation de cette forme - qui, à l’époque, ne se différencie pas fondamentalement de la suite de danses - et dont Arcangelo Corelli a fixé le moule définitif à la fin du 17ème siècle : la sonata da camera (sonate de chambre) et la sonata da chiesa (sonate d’église). Celle-ci est généralement en quatre mouvements (lent-vif-lent-vif) et substitue aux indications de danses de la sonata da camera, plus mondaine, de simples mentions abstraites de tempos, plus en accord avec la solennité du lieu de son exécution.

Les cinq premières sonates obéissent au plan da chiesa, tandis que la dernière, sans recourir aux indications chorégraphiques caractéristiques du genre (allemande, courante, sarabande, gigue), s’inscrit dans une structure da camera en cinq mouvements.

Le premier biographe de Bach, Johann Nikolaus Forkel (1748-1818), s’appuyant sur des témoignages recueillis directement auprès de Wilhelm Friedemann et de Carl Philipp-Emanuel Bach, publie sa biographie en 1802. Nous y trouverons le mot de la fin :

         « Elles [les six Sonates] ont été écrites à Cöthen et comptent parmi les premiers chefs-d’œuvre de Bach dans ce genre. Elles sont entièrement fuguées comportent également certains canons entre le clavier et le violon, qui sont très mélodieux et pleins de caractère. La partie de violon s’adresse à un virtuose confirmé. Bach connaissait les ressources de cet instrument et l’épargna aussi peu que le clavier… ».  

 Gilles THIEBLOT
Professeur d'histoire de la musique
       au C.N.R. de Versailles

retour