DNA le 30/08/2011 : Concert du 26 août : Quatuor Zemlinsky
Concert du 27 août : Nicolas Dautricourt, Emmanuel Rossfelder
Derniers opus aux chandelles Le quatuor Zemlinsky vendredi soir et le duo Dautricourt/Rossfelder samedi ont magistralement clôturé le festival aux Chandelles à Saint-Pierre sur l'Hâte. Un festival égal à lui même en terme de qualité. Il y a eu un peu moins de monde le vendredi soir: un temps exécrable et une alerte aux orages en ont peutêtre découragé certains. Pour le concert classé « nouveau talent» du festival aux Chandelles, le quatuor -tchèque Zemlinsky, dans la continuité et la tradition des quatuors à cordes de Bohême, a remporté le prestigieux concours international de Bordeaux en 2010. Le premier et deuxième violon, l'alto et le violoncelle ont ouvert le bal avec un quatuor de Haydn, doux et tendre avec les deux violons inspirés, offrant un bel unisson des cordes pour le thème repris et enrichi, hymne national autrichien dès 1813 (Kaiserhymne) puis hymne officiel de la république de Weimar et enfin devenu l'hymne national de la république fédérale allemande. Tout autres, les deux quatuors de janacek, Lettres intimes et Sonate à Kreutzer, thème lancinant traversé par des fulgurances pour le premier, étourdissante variété des modes de jeux des instruments (sourdine, pizzi, trilles et trémolos) pour cet opéra de la passion amoureuse adultère qu'est la sonate inspirée du roman éponyme de Tolstoï. Enfin,moins connu que la symphonie du nouveau monde mais d'une qualité égale, le quatuor «Américain» de Dvoràk a clôturé magistralement ce concert de haute volée, avec tout le talent et la virtuosité des quatre musiciens pour cette oeuvre brillante, ce fragment de Bohême composé dans l'Iowa lors du séjour de Dvoràk aux États-Unis. Le public enthousiaste qui avait bravé le vent et la pluie a été récompensé par un grand moment de plaisir mélomane et a traduit sa satisfaction par une vibrante ovation aux quatre concertistes. Des musiciens aussi talentueux que chaleureux. Une église bondée pour ce dernier concert de la saison, Renée Kuhn qui remercie le public pour sa fidélité et qui avoue un serrement de coeur, comme à chaque fin du festival aux Chandelles, deux musiciens talentueux et fidèles du lieu: Nicolas Dautricourt au violon et Emmanuel Rossfelder à la guitare ont marqué l'ultime représentation. D'emblée, comme un bourdonnement d'insecte furieux. puis une musique sautillantex sémillante d'une sonate de Paganini suivie d'un cantabilé mirifique du même compositeur avec un violon rapide et virtuose et une guitare souveraine. S'ensuit thème et variation de Tarrega sur le carnaval de Venise qui a inspiré beaucoup de compositeurs, une musique tendre et confidentielle avec les trémolos du violon et les notes liquides de la guitare. Puis un florilège de transcriptions: celle d'un choeur pour l'immortelle cantate «Jésus que ma joie demeure» de Bach, celle d'une sarabande de Bach et l'autre de Haendel où les cinéphiles reconnaissent la bande-son du film de Stanley Kubrick "Barry Lyndon", la méditation de Thaïs de Massenet, la danse du feu de Falla, le prélude et allegro de Kreisler, tout cela entrecoupé de présentations didactiques nuancées d'humour et d'anecdotes par des musiciens aussi talentueux que chaleureux et pas du tout guindés et imbus de leur pourtant immense talent. Une maîtrise musicale et une gaieté contagieuse ont clôturé en beauté le cycle 2011 du festival aux chandelles qui reste une valeur sûre pour tous les mélomanes du grand Est, grâce à Miklos Schön, Renée Kuhn et leur équipe de bénévoles dévoués et fidèles.B.B.